Charpentier Bernadette

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« Les tableaux et créations papiers que je présente dans cette exposition prolongent mes recherches antérieures, inspirées du vivant, et ses interactions avec le temps.
Le papier que je perçois comme une peau, une membrane réceptive, poreuse, malléable, reste le matériau privilégié de mes recherches, à la fois comme outil, médium et support.
Depuis 2006, je présente également des livres d’artistes, installations environnementales et créations nature in situ.
Les espaces déserts et lisières, vierges de présence humaine, m’ont toujours inspiré.
Mais aussi l’intimité des sous-bois, la majesté des arbres, les rochers à marée basse. Tout cet élémentaire offrant au regard et à la pensée une infinie partition de transformations silencieuses.
Indétermination, intemporalité d’un « entre » où on ne sait plus très bien si les choses se font, ou se défont.Pli, dépli, repli. Enroulement, déroulement.
Compositions intimistes, en noir, gris et blanc, présentées comme fragments, prélèvements d’une réalité en devenir.
Accords, dissonances, fusions, dissolutions. Formes et textures se fondent dans une intensité nouvelle. Grand tissage du vivant bruissant dans un réseau de signes, de veines, de plissements, nervures. Réel mouvant, éphémère, poreux, trame fragile laissant parfois apparaître le grain de la matière, lorsque le temps l’érode et met à nu l’absence. »

Bernadette CHARPENTIER, août 2016

Bernadette CHARPENTIER en confiance avec le temps
« B. Charpentier sait bien que ce qui n’est pas construit avec le temps, ne sera pas retenu par le… temps. Nulle précipitation chez elle, mais une grande patience, une attente confiante.
Ses papiers de soie qu’elle peint, qu’elle teinte presque – Bernadette est une grande coloriste- viennent s’agencer doucement comme des accords polyphoniques.
Le fait de déchirer à la main ces papiers permet d’ailleurs des prolongements vibratoires. On ne construit pas le temps avec des lignes droites. La mise en place de ces formes colorées crée progressivement des paysages, des blocs tectoniques en mouvement, des scènes primitives en devenir.
Rien n’est figé, tout est prêt à la métamorphose, à la mue. Sous les pelures, le derme, l’écorce terrestre, la gousse, l’intérieur, l’envers sont fouillés dans leur vie profonde.
La peinture de Bernadette CHARPENTIER est là, dans cette « réalité soulevée » dont parle René CHAR, dans cette révélation de l’enfoui. Le monde végétal, le monde minéral sont ainsi suggérés en même temps que sont trouvées des correspondances entre toutes choses.
Dans tous ces lieux complexes d’élaboration, l’artiste, avec ténacité, déjoue les effets de style, les répétitions tant elle se dépouille et réduit son langage à l’essentiel.
On est frappé par l’appel au silence dont parle le poète CHENNEVIERE : « Et le matin est si net/ Qu’on voit battre à petits coups, /Sous un voile de sommeil/ Le cœur délicat du monde ».

René TRUSSES, Mars 2015

 


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